Franc-Maçons en 1838 et la Mode

UNE OFFENSIVE SANS PRECEDENT

"Mais, si, comme l'affirme le Pape, il existe des "tentatives préméditées", nous devons les démasquer, pour que plus aucun chrétien, plus aucune chrétienne, n'ose contribuer, de près ou de loin, à une offensive qui vise à "submerger l'intégrité de la conduite morale".

A vrai dire, si le Pape a pu parler d'offensive sans précédent, cela ne signifie pas que cette entreprise méthodique de démoralisation date d'aujourd'hui, mais seulement qu'elle a pris, depuis quelques années, une ampleur vraiment inouïe.

Déjà, à la fin du siècle dernier, le Pape Léon XIII, dans son Encyclique "Humanum genus", ne craignait pas d'en désigner les auteurs:

"...Il s'est trouvé, dans la Franc-Maçonnerie, des hommes pour soutenir qu'il fallait systématiquement employer tous les moyens pour saturer la multitude d'un laisser-aller illimité dans les vices; bien assurés qu'à ces conditions, elle serait tout entière entre leurs mains, et pourrait servir d'instrument à l'accomplissement de leurs projets les plus audacieux".

Notons en passant que Léon XIII prend soin de dire: "il s'est trouvé dans la F.-M. des hommes...", ce qui laisse à entendre que le Pape n'attribue pas une intention aussi perverse à tous les F.-M. Il s'en trouve certainement qui ont été attirés à la secte par l'idéal humanitaire qu'elle affiche. Le vénérable Général de Sonis, à l'âge de 20 ans, ne s'y était-il pas laissé prendre lui-même? Il est vrai qu'il n'y resta pas longtemps: il eut vite fait de s'apercevoir que les belles déclarations qui lui avaient été faites sur le respect des convictions religieuses dans les Loges étaient un piège, et il rompit bruyamment. Tous n'ont pas la même lucidité ou le même courage. Ils deviennent alors les instruments plus ou moins inconscients de la volonté de puissance de ceux pour qui tous les moyens sont bons.

Le Pape, après avoir rappelé que le premier dessein de la F.-M. est de détruire la religion et l'Eglise de Jésus-Christ, ajoutait:

"L'autre dessein, à la réalisation duquel les F.-M. emploient tous leurs efforts, consiste à détruire les fondements principaux de la justice et de l'honnêteté. Par là, ils se font les auxiliaires de ceux qui voudraient qu'à l'instar de l'animal l'homme n'eût d'autre règle que ses désirs".

Pour avancer de pareilles accusations, il est bien certain que le Pape avait des preuves. Les archives du Vatican possédaient des documents irréfragables, que Crétineau Joly fut chargé par le Pape Grégoire XVI de reproduire dans son livre: "L' Eglise Romaine en face de la Révolution" (12). En voici un spécimen. C'est une lettre de Vindice à Nubius (noms de guerre de 2 chefs de la Haute Vente Italienne), datée du 9 août 1838. Elle donne une idée de la mentalité qui pouvait et qui peut encore inspirer les campagnes dont nous parlons:

"Le catholicisme n'a pas plus peur d'un stylet bien acéré que les monarchies. Mais ces deux bases de l'ordre social peuvent crouler sous la corruption: NE NOUS LASSONS DONC JAMAIS DE CORROMPRE. Tertullien disait avec raison que le sang des martyrs enfantait des chrétiens. Il est décidé dans nos conseils que nous ne voulons plus de chrétiens; ne faisons donc pas de martyrs: MAIS POPULARISONS LE VICE DANS LES MULTITUDES; QU' ELLES LE RESPIRENT PAR LES CINQ SENS, QU' ELLES LE BOIVENT, QU' ELLES S' EN SATURENT. FAITES DES COEURS VICIEUX ET VOUS N' AUREZ PLUS DE CATHOLIQUES.

"C'est la corruption en grand que nous avons entreprise...., la corruption qui doit nous conduire un jour à mettre l' Eglise au tombeau. J' entendais dernièrement un de nos amis rire d'une manière philosophique de nos projets, et nous dire: "Pour abattre le catholicisme, il faut commencer par supprimer la femme". Le mot est vrai dans un sens, mais puisque nous ne pouvons pas supprimer la femme, corrompons-la avec l' Eglise. "Corruptio optimi pessima". LE MEILLEUR POIGNARD POUR FRAPPER L' EGLISE, C' EST LA CORRUPTION. (Op. cit. t. II, p. 148).

Cette lettre est de 1838. Elle déclarait que, pour abattre l' Eglise, il fallait corrompre la femme. Or, c'est au temps du Second Empire (?? ndlr) (les choses n'allaient pas si vite alors qu'aujourd' hui) que l'on voit s' insinuer, jusque dans nos campagnes françaises les plus reculées, le poison de la mode. Jusque là:

"Un costume commun, qui évoluait peu et différenciait peu, était porté, avec distinction souvent, beauté même, sans ostentation vaniteuse, ni provocation sensuelle, c'était un habit sobre et modeste. On ne savait même pas à quel point il garantissait la liberté spirituelle; on jouissait de cette liberté comme de l'air qu'on respire, sans penser qu'on puisse en être privé. Or, voilà que le siècle venait faire propagande jusque dans les campagnes pauvres et perdues (comme le Mesnil). Les femmes se trouvaient sollicitées d'entrer, elles aussi, dans cette société brillante, vaniteuse, étourdie, des gens à la mode. On ne leur disait pas où cela les mènerait, on les séduisait par l'appât de l'élégance, on les tentait par leur goût de paraître, on excitait leur vanité, leur soif de capter l'attention de l'homme et d'éprouver sa faiblesse par la puissance de leur charme. Jeu trouble, concurrence insatiable, dont le terme leur était caché encore et qui devait le rester jusqu'au jour où, ayant perdu toute pudeur et toute dignité, les femmes seraient devenues les complices et les esclaves satisfaites de la mode". (Bulletin de l' Oeuvre de Notre-Dame de la Sainte-Espérance, au Mesnil-Saint-Loup, par Estissac (Aube), septembre 1961).

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